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Campagne

Proposition pour le transport collectif

Levier majeur pour le climat, l’emploi, l’équité sociale, le développement urbain et régional, ainsi que pour l’accès aux services, le transport collectif doit être défendu par la CSN.

Une proposition pour faire du transport collectif un moteur de notre mouvement

Depuis près de deux ans, le Secteur transport de la FEESP-CSN milite activement pour que le transport collectif devienne un moteur pour notre mouvement. C’est ainsi que, dans la foulée de la tournée pré-congrès, la Fédération a soumis une proposition pour que la CSN mette en place des mécanismes clairs qui permettront d’augmenter la portée de notre défense du transport collectif. Cette proposition recoupait plusieurs éléments d’une autre proposition sur le même thème, provenant du Syndicat des professeurs du Collège d’enseignement général et professionnel de Maisonneuve-CSN. Privilégiant une approche efficace de notre démocratie syndicale et valorisant la recherche du consensus, nous avons décidé de fusionner les deux propositions pour n’en faire qu’une seule qui convenait aux deux organisations.

Nous revenons ici sur le contexte qui a mené à cette proposition, sur certains arguments qui militent en sa faveur et les démarches que nous avons menées depuis près de deux ans pour obtenir un large appui. Nous vous invitons à prendre connaissance de toute cette information et à appuyer sans détour, avec force et conviction, la proposition. Solidarité!

Les « attendus »
  • Attendu que la CSN revendique le développement d’une économie durable et des emplois de qualité. Qu’elle revendique également la mise en œuvre d’une transition juste pour lutter contre la crise climatique;
  • Attendu qu’à la CSN, des milliers de membres ont un emploi en lien avec le transport collectif, de la fabrication à l’opération en passant par l’entretien et le service à la clientèle, et ce, sans compter les nombreux emplois périphériques en recherche, dans les administrations municipales ou dans la sécurité du public qui y sont étroitement liés;
  • Attendu que le Code du travail du Québec reconnaît que l’association syndicale a pour but l’étude, la sauvegarde et le développement des intérêts économiques, sociaux et éducatifs de ses membres, et particulièrement la négociation et l’application de conventions collectives;
  • Attendu que le coût réel par kilomètre parcouru est cinq fois plus élevé en voiture qu’en transport en commun et que les sommes économisées par un plus grand usage du transport collectif pourraient servir à mieux financer nos services publics;
  • Attendu que le transport routier représente plus de 35 % de nos émissions de gaz à effet de serre et que chaque autobus bien rempli peut émettre deux fois moins de CO2 par passager-kilomètre qu’une voiture individuelle;
  • Attendu l’urgence climatique et la nécessité d’agir pour préserver les générations futures;
  • Attendu que, sans un réseau de transport collectif abordable et performant, des centaines de milliers de personnes se trouvent enfermées dans leur quartier ou leur région, parfois même chez elles, exclues de l’emploi, de l’éducation, des soins, de la vie sociale;
  • Attendu que le fait de densifier le développement urbain autour des axes de transport collectif limite l’étalement et concentre la croissance là où les infrastructures existent déjà, réduisant ainsi les coûts de construction de nouveaux logements;
  • Attendu que de concentrer le développement autour des zones de transit permet d’optimiser l’argent public, de créer des communautés où tout est à portée de marche tout en luttant contre la crise du logement en rendant possible la construction de logements abordables;
  • Attendu que le transport des travailleuses et des travailleurs vers et de leur lieu de travail demeure une des principales contributions au bilan environnemental de plusieurs secteurs économiques au Québec;
  • Attendu que de favoriser le transport collectif, c’est encourager du même coup le transport actif, améliorant ainsi la santé globale de la population;
  • Attendu que le transport collectif est une alternative au transport par voiture à faible coût et à faible impact environnemental qui demeure accessible pour l’ensemble des personnes;
  • Attendu que tous ces bénéfices ont des retombées sur les membres de la vaste majorité des fédérations de la CSN, et ce, quelle que soit leur région;
  • Attendu que la défense, le développement et le financement du transport collectif vont définitivement au-delà de l’unique question de l’environnement;
  • Attendu que les enjeux liés au transport collectif sont complexes et multifactoriels, et qu’ils sont au cœur du développement d’une société moderne, juste, équitable et responsable, à l’image de ce que nous défendons comme mouvement;
La proposition
  • Que la CSN et ses organisations affiliées reconnaissent que le transport collectif est un moteur primordial pour la société québécoise, et qu’un groupe de travail sur le transport collectif soit mis sur pied.
  • Que la CSN et ses organisations affiliées revendiquent le développement, le maintien et le financement du transport collectif auprès des divers paliers de gouvernement.
  • Que la CSN et ses organisations affiliées revendiquent que les employeurs assument une plus grande part du financement du transport collectif.
  • Que la CSN et ses organisations affiliées revendiquent une tarification universelle du transport collectif au Québec dans une perspective de gratuité.
  • Que la CSN et ses organisations affiliées revendiquent davantage de contributions des employeurs, y compris l’État québécois, dans le développement, l’accessibilité du transport collectif partout au Québec, afin de permettre l’atteinte et le maintien d’une tarification universelle dans une perspective de gratuité.
  • Que la CSN et ses organisations affiliées défendent le principe de l’accessibilité à un transport à faible impact environnemental comme condition de travail pouvant être négociée avec les employeurs.

Un bref retour en arrière

Le contexte

Il y a un peu plus de deux ans, le Secteur transport de la FEESP-CSN a constaté que le discours de la CSN sur le transport collectif s’articulait essentiellement autour de deux axes : la question du travail (premier front), relevant des fédérations, et la question environnementale (deuxième front), défendue par la Confédération.

Or, les réflexions avec nos membres nous ont permis de réaliser que le transport collectif était un enjeu beaucoup plus large ; l’environnement en est, sans contredit, un des aspects majeurs, mais le transport collectif touche aussi à l’économie, au logement, à la santé, au développement urbain et régional, etc.

Ce faisant, nous en arrivions au constat que le transport collectif n’était pas un dossier relevant de la question environnementale, mais plutôt un dossier qui se traite en parallèle de la question environnementale. Par le fait même, nous constatons que ce dossier touche à la réalité de nombreuses autres fédérations, ainsi qu’à des questions régionales qui préoccupent les conseils centraux. Par exemple, si on aborde le transport collectif sous l’angle du transport actif et de la santé publique, les membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) ou ceux de la Fédération des professionnèles (FP-CSN) pourraient être intéressé-es à participer aux échanges. Si on parle plutôt du financement pour des lignes de transport régionales, les membres des conseils centraux pourraient se sentir interpellé-es.

Porté par cette vision large, le Secteur transport de la FEESP-CSN a donc entrepris les démarches pour aller à la rencontre des membres sur le terrain afin de sonder leur intérêt pour cette lecture plus large. Comme les congrès des fédérations étaient derrière nous, le Secteur a opté pour une tournée des conseils centraux pour y parvenir.

Congrès des conseils centraux

Dans le cadre des congrès des conseils centraux, le Secteur a entrepris une tournée pour faire adopter une question de privilège afin d’appuyer notre lecture large de la question du transport collectif. Si nous n’avons pu rencontrer tous les conseils centraux, notre tournée nous aura tout de même permis de rencontrer des membres des quatre coins du Québec et de constater que notre lecture était partagée par la vaste majorité d’entre eux. D’ailleurs, nous remercions les conseils centraux qui nous ont toujours réservé un accueil formidable.

La question de privilège

Voici un exemple de la question de privilège adoptée dans plusieurs conseils centraux. La formulation exacte pouvait varier légèrement, mais la question à la fin demeurait la même.

Camarades,

Je suis fier de vous voir si nombreux aujourd’hui, rassemblé-es pour défendre nos droits et nos valeurs avec force et conviction.

Nous vous interpellons parce que nous croyons en un Québec solidaire, écologique et juste.

Un Québec où le transport collectif n’est pas un luxe, mais un investissement visant à faire du Québec de demain un endroit riche et équitable.

Trop souvent, on nous parle de coûts, de délais, d’incertitudes.

On nous parle de privatisation, de sous-traitance, de dépenses.

Nous en avons assez des demi-mesures, des justifications et des excuses !

Nous devons nous lever et nous battre, nous devons déployer la force de notre mouvement pour exiger des gouvernements et des employeurs qu’ils placent le transport en commun au cœur de leurs décisions, qu’ils investissent massivement et durablement, et qu’ils fassent de la mobilité collective un droit inaliénable pour toutes et tous.

Car c’est en luttant ensemble, unis et déterminés, que nous changerons la donne.

Quand on parle d’investir dans le transport collectif, on pense souvent aux autobus, aux métros, aux trains, mais il faut se rappeler que, derrière ces infrastructures, ce sont des milliers d’emplois concrets qu’on crée ici, chez nous.

Plusieurs groupes l’ont démontré : chaque dollar injecté dans le transport en commun génère presque trois fois plus d’emplois qu’un dollar dépensé dans l’automobile individuelle.

On parle …

  • d’emplois dans la construction, pour bâtir de nouvelles lignes et rénover les stations ;
  • d’emplois dans la maintenance, pour entretenir les véhicules et assurer la sécurité ;
  • d’emplois dans l’exploitation, pour conduire, coordonner et faire fonctionner le réseau ;
  • d’emplois en éducation pour faire la recherche et les analyses d’impact du développement de ces immenses infrastructures,
  • d’emplois en santé et services sociaux pour l’évaluation des retombées sur la santé publique et pour l’appui aux services de première ligne pour les populations vulnérables ;
  • d’emplois en ressources humaines ;
  • d’emplois dans la fonction publique et dans les administrations municipales ;

… et nous en oublions probablement plusieurs autres.

Pour la plupart, ces emplois sont syndiqués, souvent à la CSN d’ailleurs.

Bien que les conditions de travail et la rémunération soient des combats de tous les instants, plusieurs de ces emplois offrent des salaires décents et des conditions de travail stables.

Ainsi, ce sont des milliers de familles québécoises qui peuvent compter sur un salaire pour vivre, payer leurs études et planifier leur avenir.

Se battre pour le transport collectif, c’est se battre d’abord et avant tout pour un impact positif majeur sur l’emploi et le syndicalisme au Québec.

La lutte pour le transport collectif est d’abord une lutte de premier front.

Mais investir dans le transport collectif, ce n’est pas seulement un coup de pouce à l’emploi : c’est une formidable économie pour la collectivité.

Saviez-vous que le coût réel par kilomètre parcouru est près de cinq fois plus élevé en voiture qu’en transport en commun ?

Chaque fois qu’une personne choisit le bus ou le métro, elle allège la facture globale du Québec : routes moins endommagées, moins de subventions cachées, moins de frais de stationnement et de congestion.

Ces économies, on peut les réinvestir dans nos hôpitaux, nos écoles, nos services de garde.

Et c’est le début d’une boucle de développement positive pour le Québec : des infrastructures partagées, des villes plus fluides et des budgets publics plus sains.

Les finances publiques sont gagnantes, le tissu social est gagnant.

Nos amis les Français diraient « c’est win-win » !

Si je vous parle de transport collectif, je dois évidemment vous parler de lutte environnementale.

Nous savons tous que nous vivons une urgence climatique sans précédent.

Selon des chiffres relativement récents et malheureusement en constante évolution vers un désastre annoncé, le transport routier représente plus de 35 % de nos émissions de gaz à effet de serre.

Pourtant, un autobus bien rempli peut émettre jusqu’à deux fois moins de CO₂ par passager-kilomètre qu’une voiture individuelle.

Chaque ligne qu’on prolonge, chaque service qu’on densifie, ce sont des tonnes de carbone en moins dans l’atmosphère.

C’est la promesse d’un air plus pur, et la tentative d’un retour à un climat plus stable.

C’est le pari d’un futur où nos enfants pourront respirer sans craindre pour leur santé.

Ce combat écologique, il passe aussi par nos réseaux de transport.

Il ne s’agit pas d’opposer environnement et progrès social : ils vont de pair. En investissant dans le collectif, on protège la planète et on protège nos travailleurs.

Lutter pour le transport collectif, c’est aussi un moteur de justice sociale.

Sans un réseau abordable et performant, des centaines de milliers de personnes se trouvent enfermées dans leur quartier, parfois même chez elles, exclues de l’emploi, de l’éducation, des soins, de la vie sociale.
Imaginez une mère monoparentale qui doit choisir entre payer sa voiture pour aller travailler ou nourrir ses enfants.

Imaginez un étudiant qui, faute de transport collectif, doit décliner un stage qui changerait son avenir.

Imaginez une personne âgée qui renonce à consulter son médecin parce qu’elle n’a plus accès au transport adapté.

Lutter pour un transport collectif adéquatement financé, c’est combattre la pauvreté et l’exclusion, c’est un pas vers une société plus juste.

Et que dire de l’étalement urbain qui grignote nos terres agricoles, détruit des milieux humides, bouscule la faune et la flore, le tout en allongeant sans cesse nos trajets quotidiens ?

Densifier le développement urbain autour des axes de transport collectif, c’est limiter l’étalement, c’est concentrer la croissance là où les infrastructures existent déjà, et réduire les coûts de construction de nouveaux logements.

C’est aussi favoriser la mixité sociale : des familles de tous milieux peuvent habiter près des écoles, des commerces et des transports.

C’est créer des espaces où la solidarité peut s’exprimer plus facilement et où les gens peuvent exercer une plus grande autonomie.

Le résultat est direct et en droite ligne avec nos valeurs syndicales : des quartiers plus dynamiques et engagés, plus sûrs, plus vivants, plus solidaires.

En concentrant le développement des zones de transit, on optimise l’argent public, on crée des communautés où tout est à portée de marche, et on lutte contre la crise du logement en rendant possible la construction de logements abordables.

La lutte pour le transport collectif, c’est donc aussi la lutte contre de grandes crises sociales qui affectent le Québec d’aujourd’hui.

Lorsqu’il est question de transport en commun, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la santé publique.

La pollution générée par les voitures provoque chaque année des milliers de maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Les particules fines, les oxydes d’azote et le monoxyde de carbone attaquent nos poumons et notre cœur.

Réduire le trafic automobile, c’est donc sauver des vies.

Mais il y a plus : le transport collectif favorise le transport actif, la marche et le vélo pour se rendre aux stations.

Cette activité physique quotidienne réduit de façon significative les risques de maladies chroniques.

Et enfin, un réseau étendu permet à toutes et tous d’accéder plus facilement aux centres de santé et aux cliniques.

Le ministre de la Santé lui-même souhaitait qu’on approche la santé publique d’une façon plus large en travaillant en prévention.

Nous avons la solution parfaite pour lui.

La lutte pour le transport collectif est un appui direct à une société plus en santé et, indirectement, à des services de santé moins chargés.

Quand on parle de transport collectif, on pense souvent qu’on oublie les régions.

C’est vrai !

Les régions sont laissées pour compte et la situation doit changer.

Dans plus de mille municipalités rurales au Québec, beaucoup de gens n’ont d’autre choix que la voiture pour travailler, étudier, consulter un médecin ou simplement aller à l’épicerie et voir des proches.

Dans la lutte pour le transport collectif, nous devons nous battre pour un transport interrégional qui crée du lien entre les villes et les villages : qui retient la main-d’œuvre locale, qui attire les travailleurs saisonniers et les touristes et qui offre un accès aux services spécialisés.

C’est un levier essentiel pour enrayer l’exode rural, ainsi que pour maintenir nos écoles et nos commerces et services de proximité.

En investissant dans les autobus, les trains et les navettes régionales, nous affirmons que chaque citoyenne et chaque citoyen, où qu’il vive, mérite d’être mobile et de participer pleinement à la vie collective.

Lutter pour le transport collectif, c’est lutter pour la vitalité de nos régions.

Camarades,

Vous voyez que chaque argument s’imbrique dans le suivant : emploi, économie, climat, justice sociale, aménagement du territoire, santé et développement régional.

Tous ensemble, ils forment une vision cohérente d’un Québec plus solidaire, plus vert et plus prospère.

Mais ces idées ne suffisent pas : il nous faut agir.

Nous devons nous lever et lutter.

La question du transport collectif mérite d’être pleinement reconnue au sein du mouvement CSN, auquel vous contribuez avec engagement.

La lutte pour le transport collectif doit devenir une lutte CSN à part entière.

Elle doit avoir sa place parmi les grandes luttes de notre mouvement.

C’est dans cet esprit que nous nous tournons vers votre conseil central, en espérant pouvoir compter sur votre appui dans cette lutte.

Solidarité !

Proposition d’appui

Il est proposé d’appuyer la question de privilège de la FEESP-CSN afin que la lutte pour le transport collectif devienne une lutte CSN.

Une attaque coordonnée du gouvernement et du milieu des affaires

À l’automne 2025, le gouvernement du Québec a publié un audit sur les sociétés de transport. Commandé à nulle autre que la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton, cet audit s’attaquait au modèle de financement de nos transports collectifs, s’en prenant notamment aux syndicats et vantant les mérites de la sous-traitance. Cet audit évacuait d’ailleurs de l’équation tout facteur « humain » lié au transport collectif, préférant chercher la rentabilité. Ce discours est d’ailleurs repris souvent par de nombreux chroniqueurs, notamment ceux qui gravitent autour du monde des affaires. Or, nous savons depuis longtemps que l’important du transport collectif n’est pas sa rentabilité directe, mais plutôt les avantages à long terme sur de nombreux aspects de la société, sur les humains qui l’utilisent.

Cette attaque coordonnée par le gouvernement et les employeurs nous a convaincus du bien-fondé de notre démarche. Le Secteur seul ne peut pas aspirer à se battre à armes égales contre de si gros joueurs. Nous avons besoin d’unir nos forces et d’avancer ensemble, comme mouvement.

Au coeur de la proposition : un comité

C’est ainsi que nous avons décidé de déposer une proposition pour le 68e congrès de la CSN afin que la Confédération et ses organisations affiliées reconnaissent que le transport collectif est un moteur primordial pour la société québécoise, et qu’un groupe de travail sur le transport collectif soit mis sur pied. Pour nous, ce groupe de travail est l’élément clé pour que notre mouvement puisse déployer le nécessaire pour que cette reconnaissance ne soit pas qu’un principe. C’est le lieu où les parties concernées pourront mettre en commun les éléments de réflexion, les arguments et les ressources à leur disposition pour devenir une centrale syndicale qui propose une vision large du transport collectif, un projet porteur afin de défendre nos acquis, mais surtout, d’aider à développer la société de demain.

 

Camarades, aujourd’hui, nous vous demandons un appui fort à la proposition pour le transport collectif. Solidarité!

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