Dérapage de la CAQ
Dérapage de la CAQ
La FEESP-CSN vous invite à lire la chronique « Autoritaire et liberticide » de Michel C. Auger publiée dans La Presse le dimanche 30 novembre 2025. Le chroniqueur y dresse un portrait alarmant en soulevant le point commun de plusieurs projets de loi récents de la Coalition avenir Québec (CAQ) : une attaque de plein front à la liberté d’expression et à diverses libertés fondamentales visant essentiellement à éliminer les contre-pouvoirs.
Clause dérogatoire préventive, restrictions aux lieux de prière, projet de constitution qui limite les recours judiciaires… Tout converge vers une dérive inquiétante où, comme M. Auger le dit bien : l’État cherche à avoir « le premier et le dernier mot ». Mais ce n’est pas qu’une question de droits fondamentaux : c’est aussi une attaque frontale contre le mouvement syndical.
Sous prétexte de « transparence » et de « gouvernance », il impose des cotisations facultatives pour financer les activités sociopolitiques des syndicats. En clair, il s’attaque à la formule Rand et essaie de réduire la capacité des syndicats à contester une loi, à mener des campagnes ou à soutenir des mouvements sociaux. Ce n’est pas anodin : dans toutes les démocraties, les syndicats sont des acteurs incontournables des grands débats collectifs. Les limiter à la négociation des conventions, c’est les dépolitiser et affaiblir leur rôle de contre-pouvoir. La CAQ veut réprimer, contrôler, imposer. Elle veut « moderniser » le régime syndical… mais sans les syndicats. Tout comme elle veut changer la façon de rémunérer les médecins, mais sans les médecins.
Elle élargit les services essentiels et donne au ministre du Travail le pouvoir d’imposer un arbitrage exécutoire en cas de grève ou de lock-out, une mécanique qui donne trop de pouvoir aux employeurs qui pourront désormais simplement attendre plutôt que de négocier. Résultat : le droit fondamental d’action collective, garanti par les chartes, est vidé de sa substance.
Ces deux lois s’inscrivent dans la même logique que celle décrite par Auger : neutraliser les contre-pouvoirs. La CAQ cherche à identifier « des ennemis » (les médecins, les immigrants, les syndicats, etc.) pour divertir l’attention du public sur autre chose que sa gouvernance catastrophique. La CAQ parle de « modernisation » et de « responsabilité », mais derrière le vernis technocratique se cache une volonté de contrôle. Quand un gouvernement limite la liberté religieuse, empêche les recours judiciaires et affaiblit les organisations syndicales, il ne s’agit plus de simples ajustements législatifs : c’est une recomposition autoritaire du rapport entre l’État et la société.
La population du Québec ne doit pas se faire duper : ces projets ne sont pas isolés, ils forment un plan cohérent pour réduire toute capacité d’opposition. Face à cette offensive, les syndicats répondent par une riposte à la hauteur : mobilisation, contestations juridiques, alliances sociales. Parce qu’au-delà des clauses et des décrets, c’est le contrat social qui est en jeu.
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