Dans le même sens que ce qu’évoquait la CSN plus tôt cette semaine, le Secteur transport de la FEESP‑CSN dénonce avec vigueur l’inaction persistante du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de transport collectif. En refusant toujours de conclure une entente avec Ottawa afin de permettre au Québec d’accéder aux sommes prévues dans le Fonds pour le transport en commun du Canada, la CAQ choisit délibérément de laisser dormir des milliards de dollars pendant que les réseaux s’essoufflent, que les services sont coupés et que les travailleuses et travailleurs du secteur subissent de plein fouet les conséquences de ce sous‑financement chronique.
Pour les membres de la FEESP et de la CSN qui œuvrent quotidiennement dans la fabrication, l’exploitation, l’entretien et les services liés au transport collectif, cette inaction n’est pas une décision politique abstraite. Elle se traduit concrètement par des charges de travail accrues, des projets mis sur la glace, de nombreuses tentatives de privatisation, une pression constante sur la qualité des services et un affaiblissement du transport collectif comme véritable service public. Pendant que l’Ontario investit massivement et planifie l’avenir, le Québec s’enferme dans une vision à courte vue, largement dominée par le tout‑à‑l’auto.
Ce choix est d’autant plus incompréhensible que les besoins sont connus, documentés et urgents. Le transport routier demeure la principale source d’émissions de gaz à effet de serre au Québec, et pourtant, les investissements structurants en transport collectif sont systématiquement relégués à l’arrière‑scène. Cette façon de faire accentue les inégalités régionales, nourrit l’étalement urbain et prive des centaines de milliers de personnes d’un accès facile à l’emploi, à l’éducation, aux soins de santé et à la vie sociale.
C’est précisément ce constat qui amène le Secteur transport de la FEESP‑CSN à aller plus loin qu’une simple réaction ponctuelle à l’actualité. L’inaction de la CAQ n’est pas un accident. Elle révèle l’absence d’une volonté politique claire de faire du transport collectif un pilier incontournable du développement économique, social et environnemental du Québec. Face à ce vide, le mouvement syndical doit assumer pleinement son rôle et son leadership.
C’est dans cette perspective que la FEESP‑CSN milite depuis près de deux ans pour faire reconnaître le transport collectif comme un enjeu syndical et social stratégique, qui dépasse largement la seule question environnementale. Le transport collectif touche directement l’aménagement du territoire, la crise du logement, la qualité des services publics, la santé de la population et la création d’emplois durables dans toutes les régions. C’est ainsi que, depuis plusieurs mois, le Secteur est allé à la rencontre des conseils centraux et d’autres fédérations touchés par cette question pour qu’ils nous appuient dans cette vision plus large du transport collectif.
Par ailleurs, favoriser le transport collectif, c’est aussi investir dans une économie plus efficace et plus juste. Le coût réel du déplacement en automobile étant largement supérieur, les économies générées pourraient être réinvesties dans les services publics. Chaque autobus, chaque train, chaque rame de métro et chaque tramway en service contribue non seulement à réduire les émissions de GES, mais aussi à améliorer la fluidité des déplacements pour l’ensemble de la population, y compris les automobilistes et le transport de marchandises.
En militant pour cet élargissement de la question du transport collectif, la FEESP souhaite que cet enjeu devienne un dossier politique central, soutenu, défendu et porté à long terme par l’ensemble du mouvement. L’inaction de la CAQ démontre clairement que, sans un rapport de force et sans une mobilisation structurée, les choix continueront de se faire au détriment du transport collectif et de celles et ceux qui l’utilisent et qui le font vivre au quotidien.
Le Secteur transport de la FEESP‑CSN affirme qu’il est temps de changer de cap. Le financement, le développement et la défense du transport collectif doivent devenir des priorités assumées, non pas demain, mais maintenant.