Sondage réalisé auprès du personnel de soutien des centres de services scolaires de l’Abitibi-Témiscamingue

Surchargé, épuisé et victime de violence, le personnel de soutien scolaire veut quitter en grand nombre

Au mois de janvier dernier, les employé-es de soutien du Centre de services scolaires Harricana et du Centre de services scolaires du Lac-Abitibi ont répondu à un sondage du secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). Le sondage s’adressait au personnel de soutien et portait sur leur réalité des six derniers mois.

« Les résultats sont inquiétants. Le personnel de soutien scolaire de l’Abitibi-Témiscamingue est épuisé, surchargé et victime de violence. Pas étonnant qu’une bonne partie d’entre eux pensent à quitter en grand nombre ! Clairement, les « solutions » patronales unilatérales des dernières années n’ont pas réussi à faciliter le travail des employé-es de soutien », déclare Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la FEESP-CSN, principal regroupement syndical du personnel de soutien au Québec.

Centre de services scolaires Harricana

« Je suis catastrophée, mais pas étonnée par les résultats. Près du quart de nos membres ont répondu. Ce coup de sonde est donc un bon échantillon de ce qui se passe sur le terrain. Et ce n’est pas encourageant. Qu’attend-on pour agir concrètement? Nos gens sont sur les rotules ! », affirme Pascale Boilard, présidente du Syndicat des employées et employés de soutien scolaire Harricana.

Voici les résultats qui inquiètent particulièrement le syndicat. Parmi les répondantes et les répondants :

  • 45 % jugent que leur travail est épuisant émotionnellement ;
  • 35 % affirment avoir vécu de la violence psychologique de la part d’élèves ;
  • 31 % affirment avoir vécu de la violence physique de la part d’élèves ;
  • 35 % ont envisagé de quitter leur emploi;
  • 38 % des salarié-es y travaillant depuis moins de 10 ans ont pensé quitter leur emploi ;
  • 17 % ont envisagé de devancer leur retraite;
  • 48 % ont effectué du temps supplémentaire pour réaliser leurs tâches ;
  • 48 % travaillent durant leur pause pour réaliser l’ensemble de leurs tâches.

Centre de services du Lac-Abitibi

Même son de cloche du côté du Syndicat des employé-es de la commission scolaire du Lac-Abitibi. « 50 % de nos membres ont répondu au sondage et ce dont ils témoignent est loin de donner le goût de faire carrière comme personnel de soutien ! Les conditions sont difficiles et la rareté de main-d’œuvre contribue à cette situation. Le gouvernement et nos représentants patronaux doivent cesser de presser le citron », continue la présidente Nancy Therrien.

Voici les résultats qui inquiètent particulièrement le syndicat. Parmi les répondantes et les répondants :

  • 59 % jugent que leur travail est épuisant émotionnellement ;
  • 35 % ont subi de la violence psychologique de la part d’élèves ;
  • 33 % ont subi de la violence physique de la part d’élèves ;
  • 41 % ont envisagé de quitter leur emploi ;
  • 44 % des salarié-es ayant moins de 10 ans de service ont pensé quitter leur emploi ;
  • 59 % ont effectué du temps supplémentaire pour réaliser leurs tâches ;
  • 70 % doivent travailler pendant leur pause pour réaliser l’ensemble de leurs tâches.

Mauvaises nouvelles pour la région

Pour Félix-Antoine Lafleur, président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec – CSN, ces résultats ne sont pas de bonnes nouvelles pour la région. « C’est vraiment inquiétant. Ces gens ne veulent pas quitter leur emploi car ils ne l’aiment plus, mais bien en raison des conditions de travail de plus en plus difficiles ! Il n’y a qu’une solution, c’est écouter les gens sur le terrain et ne pas imposer des mesures qui ont démontré leur insuffisance à atténuer la pénibilité du travail du personnel de soutien scolaire », remarque M. Lafleur.

La cloche a sonné et ce n’est pas la cloche de la récréation

Pour Frédéric Brun, vice-président de la FEESP-CSN, la stratégie des plasters doit être reléguée aux oubliettes. « Nous sommes présentement en négociation pour le renouvellement de nos conventions collectives. C’est l’occasion pour le gouvernement et nos patrons d’entendre la cloche sonner. Et ce n’est pas la cloche de la récréation, c’est la cloche pour négocier afin d’améliorer concrètement les conditions de travail », termine-t-il.

À propos

La Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN) est l’organisation la plus représentative du personnel de soutien scolaire au Québec. Le secteur scolaire de la FEESP-CSN regroupe 37 syndicats représentant plus de 35 000 employés-es de soutien présents dans 31 centres de services scolaires francophones et deux commissions scolaires anglophones.

Pour informations :
Eve-Marie Lacasse
Comité de coordination des services publics et parapublics de la CSN (CCSPP-CSN)
514 809-7940

eve-marie.lacasse@csn.qc.ca