SQDC : La santé du public et du personnel à risque

Les deux syndicats représentant les employé-es des succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), le SCFP–5454 et le SEE-SQDC–CSN, dénoncent le refus de la SQDC de maintenir le salaire des syndiqué-es qui présentent des symptômes de la COVID-19 ou qui doivent se mettre en isolement. Ils reprochent ainsi à la direction de la SQDC de ne pas se conformer à l’ensemble des directives du Conseil du trésor en lien avec la crise sanitaire. En tant que société d’État qui a comme mission la protection de la santé publique, la SQDC devrait être un employeur exemplaire, estiment-ils.

À moins de recevoir un diagnostic positif à la COVID-19, les employé-es se voient donc contraints d’épuiser leur banque de journées de maladie de l’année en cours et de l’année à venir, ce qui va à l’encontre de la convention collective. La directive crée beaucoup d’inquiétude chez les employé-es; elle est aussi clairement injuste, soulignent les deux syndicats, car elle n’est pas en vigueur dans d’autres sociétés d’État.

« Ces salarié-es travaillent au service du public dans des circonstances exceptionnelles. On interpelle directement le premier ministre, François Legault, pour que les directives gouvernementales soient respectées et que la situation se règle rapidement », explique David Clément, président du SCFP–5454.

« On ne veut pas que les employé-es se sentent forcés de se présenter au travail par peur d’amputer leurs congés de maladie de l’année prochaine ! » s’exclame la présidente du SEE-SQDC–CSN, Stéphanie Martel Gill. « En ne renvoyant pas automatiquement les gens à la maison, notre employeur se déleste de ses responsabilités. Ce traitement est injuste par rapport aux mesures prises par d’autres sociétés d’État, notamment par la SAQ, et frustre les travailleuses et les travailleurs dans les succursales.

Les deux organisations syndicales croient fermement que la prévention de la propagation du virus doit primer en ce moment, notamment dans les milieux où la distanciation physique entre salarié-es est difficile, voire impossible.

« Avec l’achalandage et la proximité des salarié-es en succursale, il m’apparaît irresponsable de voir l’employeur refuser de maintenir le salaire des personnes qui se croient atteintes de la COVID-19, durant l’attente de leurs résultats. De plus, le refus de l’employeur de maintenir le salaire normal des personnes qui ne sont pas malades, mais qui doivent s’isoler pendant 14 jours, est tout simplement contraire aux directives gouvernementales », ont rappelé les deux présidents syndicaux.

Tant le SEE-SQDC–CSN que le SCFP–5454 espèrent faire entendre raison à la SQDC afin de permettre aux employé-es qui présentent des symptômes, qui sont malades ou qui doivent s’isoler en vertu des directives de la Santé publique, de rester à la maison avec rémunération.

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La CSN dénonce l’effondrement du financement des transporteurs scolaires

Les transporteurs scolaires privés ont décidé de mettre à pied leurs conductrices et conducteurs d’autobus, en date du 6 avril. Ces entreprises sont maintenant payées à 50 % par les commissions scolaires et ne peuvent plus payer leurs employé-es, puisque tous les contrats parascolaires sont également au point mort. Notons que les conducteurs directement à l’emploi des centres de services scolaires (commissions scolaires) continuent d’être payés jusqu’à la fin de l’année.

Cette décision du gouvernement risque fort d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre. Sans accès à un revenu stable, plusieurs conductrices et conducteurs qui ont l’âge de la retraite vont décider de la prendre et ne reviendront pas à l’automne. Chez certains employeurs, près de la moitié des conductrices et conducteurs ont l’âge requis pour prendre leur retraite. Quelque 520 000 enfants et leurs parents doivent pouvoir compter sur un service complet dès que l’école va reprendre.

« C’est très important de maintenir le lien d’emploi des conductrices et des conducteurs d’autobus scolaire. Nous étions déjà en pénurie de main-d’œuvre avant la crise de la COVID-19. Si rien n’est fait, plusieurs de nos membres n’auront pas le choix de partir à la retraite ou de se trouver un nouvel emploi », soutient Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et des employés de services publics (FEESP–CSN).

Plusieurs conductrices et conducteurs n’auront pas assez d’heures travaillées pour se requalifier à l’assurance-emploi l’année prochaine. Il s’agit d’une parte considérable de leur revenu annuel parce qu’ils travaillent seulement 40 semaines par année. « Plusieurs de nos membres se qualifient normalement avec justesse à l’assurance-emploi, en raison du faible nombre d’heures de travail hebdomadaire. Si la décision actuelle est maintenue, il est certain qu’ils seront sans revenu lors de la mise à pied habituelle du temps des Fêtes et de la période estivale. Cela aura un gros impact sur la décision qu’ils prendront de poursuivre la pratique de ce métier ou non », précise Stephen P. Gauley, président du secteur du transport scolaire à la FEESP–CSN. Ce dernier s’inquiète aussi du délai encore inconnu avant la reprise du service de transport scolaire en raison de la nécessaire distanciation sociale. Dans un autobus, il est très difficile de conserver un espace suffisant entre les enfants. Les conductrices et les conducteurs, particulièrement ceux de 60 ans et plus, seront également à risque puisque la distanciation de deux mètres n’est pas possible quand les enfants montent dans le véhicule.

 « Dans tous les scénarios possibles, nous souhaitons que les transporteurs fassent tous les efforts nécessaires pour maintenir leurs conductrices et conducteurs à l’emploi en utilisant les programmes disponibles pour aider les entreprises pendant la crise. Il faut éviter les mises à pied, car sans conducteurs lors de la rentrée scolaire, ils ne pourront s’acquitter des obligations de leur contrat avec les commissions scolaires », réitère Jean-Pierre Bourgault, vice-président de la FEESP–CSN.

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Le personnel de soutien scolaire interpelle le gouvernement pour une reconnaissance de son apport aux services de garde d’urgence

Le secteur scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN interpelle le gouvernement du Québec face aux difficultés vécues par le personnel de soutien scolaire; il demande une reconnaissance à la hauteur du travail essentiel effectué par les travailleuses et les travailleurs des services de garde qui sont mis en place durant la crise de la COVID-19. « Depuis le début de la crise, nous entendons de la part de nos membres le stress qu’ils vivent au quotidien. En plus de devoir composer avec une toute nouvelle réalité de travail et des nouveaux enfants, dont certains avec des besoins particuliers, les travailleuses et les travailleurs vivent quotidiennement avec la peur d’être contaminés », souligne Nathalie Arguin, présidente de la FEESP–CSN.

Depuis l’établissement de ces services de garde d’urgence, le personnel de soutien dans les commissions scolaires dessert une nouvelle clientèle, et ce, dans des conditions difficiles. « Nous savons que des parents travaillant dans des milieux particulièrement à risque, notamment en santé et services sociaux, viennent porter leurs enfants au service de garde d’urgence. Nous sommes un service essentiel et nous méritons la même reconnaissance que le reste du réseau », ajoute Annie Charland, présidente du secteur scolaire de la FEESP–CSN.

La FEESP–CSN invite le gouvernement à se pencher sur les mesures salariales et normatives mises en place dans d’autres milieux du secteur public et lui demande de reconnaître de la même manière l’apport essentiel du personnel de soutien en milieu scolaire.

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La FTQ et la CSN pressent Québec d’intervenir auprès des municipalités

La FTQ et la CSN pressent le gouvernement de François Legault d’assouplir l’obligation imposée aux municipalités en matière d’équilibre budgétaire. Québec doit également intervenir auprès de celles-ci afin qu’elles évitent les mises à pied et continuent à verser les salaires de leurs employé-es. Pour les centrales syndicales, les municipalités du Québec doivent adopter une approche similaire à celle du gouvernement en gardant tous leurs effectifs, et ce, afin de ne pas aggraver les impacts sanitaires et économiques actuels.

Plusieurs municipalités ont déjà mis en place des mesures visant le redéploiement de leurs effectifs pour contrer les effets de la crise en privilégiant le télétravail, la réaffectation du personnel et le renforcement des services de proximité aux citoyens, font valoir la FTQ et la CSN. À l’autre opposé du spectre, certaines d’entre elles ont effectué un nombre important de mises à pied, invoquant l’obligation qu’elles ont de présenter un budget équilibré. Contrairement à d’autres paliers de gouvernement, la crise actuelle n’a pas eu d’effets catastrophiques sur les finances des municipalités, plaident les centrales syndicales.

« Le gouvernement doit envoyer aux municipalités un message sans équivoque afin qu’elles maintiennent un maximum de services de proximité aux citoyennes et aux citoyens, martèle le président de la FTQ, Daniel Boyer. Nous sommes en période de crise, nous vivons une situation exceptionnelle : le gouvernement doit offrir plus de flexibilité aux villes en les soutenant financièrement et en assouplissant, le cas échéant, l’obligation qu’ont les municipalités de présenter un budget équilibré. »

« Les syndicats du secteur municipal ont fait preuve de beaucoup de souplesse pour trouver des aménagements visant à tenir compte de la situation, fait remarquer le président de la CSN, Jacques Létourneau. On aimerait bien présumer de la bonne foi des villes, mais malheureusement, certaines d’entre elles ont décidé de procéder à des mises à pied massives sans autre formalité. Pourtant, les salaires des employé-es ont déjà été budgétés et les taxes municipales continueront d’être payées. »

« Nous demandons au gouvernement d’interpeller les municipalités afin qu’elles continuent de rémunérer leurs employés, comme il le fait lui-même de manière responsable à l’égard de tous les employé-es des services publics. Ces services sont indispensables pour soutenir la population en ces temps de crise », rappelle Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique au Québec (SCFP–FTQ).

« Les municipalités doivent agir comme des gouvernements de proximité, particulièrement en situation de crise. Ce n’est certainement pas le moment de faire des coupes dans les services. Avec la période d’inondation qui s’en vient, on a besoin de tout notre monde », rappelle pour sa part le secrétaire général de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN), André Lajoie.

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Une prime insuffisante et inéquitable

« Pour le gouvernement, les travailleuses et les travailleurs du secteur public au front contre la COVID-19 n’ont pas toutes et tous la même valeur. C’est inacceptable. Ces femmes et ces hommes qui luttent pour nous méritent mieux », affirme Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Après un premier arrêté ministériel en éducation, le 18 mars, qui venait suspendre certains droits des travailleuses et des travailleurs et un second le 21 mars, qui venait faire la même chose dans le secteur de la santé et des services sociaux, c’est à nouveau par une décision unilatérale que le gouvernement est venu fixer les modalités entourant la prime COVID-19, un geste fortement décrié par la CSN. « Les discussions avec le Conseil du trésor sur la prime COVID-19 étaient loin d’être terminées. Nous déplorons le manque d’écoute du gouvernement envers celles et ceux qu’il ne cesse d’appeler ses anges gardiens », ajoute Caroline Senneville.

Toutefois, au-delà de la façon de faire, la prime en elle-même est loin de satisfaire la CSN. Comme cela est libellé dans l’arrêté ministériel déposé hier, le Conseil du trésor choisit d’offrir à certains salariés du réseau de la santé et des services sociaux une prime de 8 %, et à d’autres, une prime de 4 %, alors que tous les salarié-es sont sous pression de façon continuelle durant cette crise. « La prime est nettement insuffisante; elle ignore complètement bon nombre de travailleuses et de travailleurs au front eux aussi, notamment le personnel des services de garde d’urgence et des services à domicile. »

Pour la CSN, il est clair que les iniquités qu’entraîne une prime exprimée en pourcentage sont injustifiables. « Que ce soit dans un établissement de santé, un centre de laboratoire, un domicile privé, un CHSLD ou une école, le danger est bien réel pour tout le monde et le travail de l’ensemble du personnel au front doit être reconnu et valorisé. Une prime en pourcentage, qui se traduit forcément par des montants plus bas pour les salaires les moins élevés, envoie le message aux travailleuses et aux travailleurs que de mettre sa vie en danger ne mérite pas la même reconnaissance pour toutes et tous », poursuit Caroline Senneville.

À l’instar de ce que le gouvernement a mis en place pour le secteur privé (prime de 4 $ l’heure en montant fixe et montant fixe de 100 $ par semaine), la CSN demande à nouveau au gouvernement d’établir la prime spéciale sous forme d’un montant fixe. Rappelons que la centrale syndicale a demandé, le 23 mars dernier, une série de mesures à mettre en place immédiatement pour passer à travers la crise, dont une prime de 3 $ à 4 $ l’heure pour le personnel du secteur public appelé à contribuer aux efforts des mesures d’urgence de lutte contre la COVID-19.

Depuis le début de la crise, la CSN se bat pour que la contribution de TOUS les anges gardiens soit reconnue à sa juste valeur et elle poursuivra les discussions en ce sens dans les prochains jours. « Dans le contexte actuel, le gouvernement doit faire mieux », conclut Caroline Senneville.

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